Sur les pas de l'ancêtre

Après ses trente-six mois d'engagement au service de Jacques Pépin, marchand de La Rochelle qui avait avancé les frais de son voyage, Pierre Micheau décide de rester et de s'établir dans la colonie, suivant ainsi l'exemple d'un peu plus de la moitié des engagés qui sont venus en Nouvelle-France à cette époque. L'abondance des ressources dans ce pays nouveau, les possibilités qu'il y entrevoit comparativement à ce qu'il pourrait espérer advenant un retour en mère patrie guident sans doute son choix.Cliquer pour agrandir

Une carte récente de la région nous indique les différents lieux où notre ancêtre a élu domicile durant sa vie.

 

Sainte-Anne-du-Petit-Cap (1659-1665)

Pierre choisit donc de s'établir sur la rive nord du Saint-Laurent qui, selon les Relations des Jésuites, est une région riche "en belles et grandes prairies bien unies, lieu très commode pour nourrir quantité de bestiau".

 

beaupre 200Sa terre de Sainte-Anne-du-Petit-Cap (Beaupré), était au confluent de la rivière Sainte-Anne (La Grande- Rivière) et du fleuve Saint-Laurent. Elle avait trois (3) arpents de front sur le fleuve et une profondeur de cent vingt-six (126) arpents.

 

 

 

Une carte des lieux en 1680 nous permet de localiser cette terre qu'il vendit à François Daniaud, le 6 septembre 1665. Pour des raison inconnues, cette même terre fut par la suite concédée à Jean le Picart par Mgr de Laval le 2 mars 1668. (C'est sous le nom de Jean le Picart que la terre de Pierre est identifiée sur cette carte.)Carte an 1680 200

Pour s'y rendre à partir de Québec, on emprunte la route 138, direction est, jusqu'à Beaupré; à cet endroit, on prend à droite sur la rue Côté, puis sur la rue Sainte-Marguerite, jusqu'au stationnement à l'usage des utilisateurs de l'embarcadère pour bateaux de plaisance. De ce point, on aperçoit sur la rive gauche de la rivière, l'usine d'Abitibi-Consolidated qui est justement construite sur les trois arpents de front donnant sur le fleuve.

Saint-Jean, Île d'Orléans (1665-1671)

La deuxième terre possédée par Pierre Micheau se situait du côté sud de l'Île d'Orléans, dans la paroisse de Saint-Jean aujourd'hui; elle mesurait trois (3) arpents de front sur le fleuve et sa profondeur atteignait le Trécarré, démarcation entre le côté sud et le côté nord de l'île. Un plan de l'Île d'Orléans en 1689 précise l'endroit de cette terre qu'il vendit à Jean Morier dit Veron de Québec, le 9 septembre 1673. (La terre est identifiée au nom de Jean Morier sur ce plan.)Carte Orleans 1689 200

On peut y accéder en prenant le pont de l'île et en suivant la route Prévost jusqu'à Saint-Jean ; à cet endroit, si on se rend en face de la maison portant le numéro civique 1281 et qu'on poursuit jusqu'au numéro 1317, on foule le sol qu'a cultivé notre ancêtre.

 

 

L'Île aux Grues (1671-1682)

À l'été 1671, Pierre Micheau quitta l'Île d'Orléans avec son épouse Marie Ancelin pour s'établir à l'Île aux Grues située plus à l'est. C'est à cet endroit que naquirent leurs cinq premiers enfants (Pierre, Jean-Baptiste, Marie-Anne, Joseph et Pierre le Cadet). La terre qu'il occupait lui fut concédée le 17 juillet 1674 par Pierre Bécard, sieur de Grandville ; elle mesurait "six arpents de front sur le bord du fleuve Saint-Laurent à basse marée et de profondeur toute la grandeur de la dite Isle jusqu'au fleuve de l'autre côté aussi à basse marée, jusqu'au ruisseau au bout du dit fleuve qui sépare la dite Iste-aux-Grues d'avec celle du Canot..." (greffe Romain Becquet).Carte-Ile-aux-Grues 200

Un plan de l'archipel de Montmagny permet d'identifier l'endroit probable de la terre de Pierre, à l'extrémité est de l'Île aux Grues. (Le plan nous indique l'emplacement probable de la terre de Pierre Micheau.)

Pour y parvenir à partir de Québec, on se rend sur la rive Sud du fleuve et on prend la direction est jusqu'à Montmagny; de là, on emprunte le bateau pour traverser à l'Île aux Grues.

 

Rivière des Trois-Saumons (1682-1692)

On peut situer le départ de Pierre Micheau de l'Île aux Grues à la fin de 1682. Il déménagea donc à Rivière des Trois-Saumons (Islet Saint-Jean) avec armes et bagages ; les raisons de ce nouveau déplacement nous sont inconnues, mais sans doute l'incommodité de vivre sur l'île, avec comme seuls moyens de communication la barque ou le pont de glace, y fut-il pour quelque chose. Dans leur nouvelle demeure, Pierre et Marie virent leur famille s'agrandir de cinq nouveaux enfants (Louis, Élisabeth, François, Geneviève et Magdeleine).Carte Trois Saumons 200

Une carte de la seigneurie Le Tarte de L'Islet établie par le sieur Gédéon de Catalogne en 1709 détermine l'emplacement de la terre de Pierre. Cette terre qui lui avait été concédée par Geneviève Couillard, veuve de feu le sieur de Tarte, le 19 octobre 1695 (trois ans après son départ de cet endroit) fut vendue à Pierre Lessard, le 30 mai 1697. Il s'agit de la troisième terre à l'ouest de la rivière Trois-Saumons. (Sur cette carte, la terre de Pierre Micheau est identifiée sous le nom de P. Lessard.)

Pour s'y rendre à partir de Montmagny, sur la rive sud du Saint-Laurent, on doit se diriger vers l'est sur une distance d'environ trente kilomètres, jusqu'à Trois-Saumons.

Saint-Louis-de-Kamouraska (1692-1702)

Probablement pour permettre, entre autres, à ses fils de s'établir sur leur propre terre, Pierre Micheau décide encore une fois de déménager ailleurs, à la recherche d'espaces plus vastes ; son départ de Rivière des Trois-Saumons a été fixé de façon approximative à la fonte des neiges en 1692. C'est à Kamouraska qu'il transporta ses pénates et cette fois, pour de bon.

Installé à cet endroit depuis deux ou trois ans, Pierre reçut par concession du seigneur Charles Aubert de La Chesnaye, le 30 juin 1695, "une terre de douze arpents de front sur le fleuve sur trente de profondeur, bornée du costé du sudouest au Ruisseau savoir trois arpents au dessus et au della du costé du nordest jusques a un autre petit ruisseau qui n'a point de nom et qui sappelera doresnavant Boisverd ou boisvert, neuf arpents" (greffe Louis Chambalon).Carte Kamouraska 200

Un plan de Saint-Louis-de-Kamouraska en 1726 indique l'emplacement de la terre où notre ancêtre a fini ses jours. (La terre est identifiée par "Héritiers Pierre Michaud".)

Kamouraska est vraiment le berceau de la grande famille Michaud ; c'est dans cette région que se sont installés les enfants de Pierre, dont les descendants ont par la suite essaimé partout au Canada et aux États-Unis. Un monument a d'ailleurs été érigé à cet endroit en 1990 pour commémorer la mémoire de ces pionniers.

Le village de Kamouraska est situé à environ cent cinquante kilomètres à l'est de Québec par l'autoroute 20 sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent; la région se veut très intéressante à visiter et la capacité d'accueil est plus qu'adéquate.

Rédigé par Louis Michaud.

NOTE: Toutes les données historiques ont été tirées de "Pierre Micheau Le Poitevin 1637-1702" de l'auteure Françoise Michaud Dufresne, à qui nous exprimons notre sincère gratitude.

 

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